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Projet MEDICO

Description : axe Multi-Centrique de Référence sur les Médicaments et la Conduite

Équipe/Organisme : Institut des Sciences du Mouvement (CNRS & Université de la Méditerranée)

Partenaires: le projet MEDICO a associé le Groupe d'Etude Neuro-Pharmacologique du Sommeil et de la Somnolence (CHU Pellegrin, Bordeaux), l'Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales (MEDES, Toulouse), le laboratoire CLLE-LTC  (UMR 5263, Université Toulouse II) et la Société QUALISSIMA (Marseille).

Responsable scientifique : Daniel Mestre

Années : 2006 - 2010

Cout de la recherche : 1400 k€

Problématique et objet de la recherche

L'objectif principal du projet MEDICO était de rechercher à mieux évaluer les conditions de validité des simulateurs de conduite (situation de réalité virtuelle), en tant que prédicteurs de la sécurité de la conduite sur autoroute (situation réelle). Dans cet objectif, le projet a consisté à mettre en place un axe multicentrique de Référence (avec visée européenne) sur le thème « conduite, médicament et simulation », entre les centres de recherche fondamentale et hospitalo-universitaire de Marseille, Toulouse (simulation de la conduite) et Bordeaux (conduite réelle), pour l'étude de l'effet des substances psycho-actives sur les risques liés à la conduite automobile. Plus précisément, Les objectifs scientifiques étaient, premièrement, de contribuer à une standardisation des moyens et des méthodes employés pour approcher les relations entre médicaments et sécurité routière. Deuxiemement, il s'agissait de contribuer à une démarche d'homogénéisation des scénarios et des moyens de simulation, avec une phase indispensable de validation des résultats obtenus en simulation lors d'essais en conduite réelle. Il s'agissait enfin de compléter l'état des connaissances actuelles sur le caractère prédictif des résultats comportementaux obtenus en condition de simulation, vis-a-vis des risques réels lors de la conduite sur route, notamment dans le cadre de la prise de substances psycho actives.

Méthodologie

Deux études successives ont été réalisées, et ont consisté en des essais cliniques portant sur des volontaires sains (entrant dans le champ de la Loi Huriet et de la Directive Européenne des essais cliniques). La première a porté sur les effets comportementaux d'une prise unique de benzodiazépine, la deuxieme sur de la consommation de cannabis par inhalation. Les volontaires ont d'abord conduit en condition de simulation. Ils étaient répartis entre les centres de Toulouse et de Marseille, qui possèdent des simulateurs de niveau de réalisme différent (simple cabine à Marseille, véhicule complet à Toulouse). Cela permet une comparaison des résultats obtenus entre deux simulateurs de conduite. Ils conduisaient ensuite à Bordeaux, sur une section d'autoroute, qui a été modélisée en condition de simulation. Cela permet donc une comparaison réel-simulation. Les études ont été réalisées en comparant les effets d'une substance psycho active aux effets d'un placebo, en condition de double aveugle (ni le sujet, ni l'expérimentateur ne savent ce qu'a pris le sujet). Les performances de conduite étaient mesurées, lors de sessions de conduite d'environ 2 heures, de même que les effets d'une tâche distractive (conversation pendant la conduite).

simulateur

Principaux résultats

Globalement, les effets d'une substance psychoactive sont comparables entre une situation de simulation et une situation de conduite réelle. Nous possédons des résultats complets pour la première étude (benzodiazepine) et préliminaires pour la seconde (cannabis). Il existe cependant, une différence importante dans la magnitude des effets, qui sont très significativement plus importants en condition de simulation, en particulier en ce qui concerne les sorties de voies involontaires. Cette différence suggère une nécessaire évolution des protocoles de simulation (scenarii, logiciels et matériels).

L'axe multicentrique Marseille-Toulouse-Bordeaux a démontré sa fonctionnalité et demande à être mis au service de la recherche de validation des données issues de la simulation à l'aide de comparaison au réel. Nous avons ici travaillé dans le champ "vigilance/somnolence". Il semble souhaitable de faire évaluer la problématique vers celui de la prise de risque, qui semble, au vu des dernieres données sur les effets du cannabis en particulier, un champ pertinent à explorer dans le domaine de l'effet des substances psycho actives sur la sécurité routiere.